OWNI http://owni.fr News, Augmented Tue, 17 Sep 2013 12:04:49 +0000 http://wordpress.org/?v=2.9.2 fr hourly 1 Sarkozy brasse de l’éolien http://owni.fr/2012/04/16/sarkozy-brasse-de-leolien/ http://owni.fr/2012/04/16/sarkozy-brasse-de-leolien/#comments Mon, 16 Apr 2012 16:35:51 +0000 Pierre Leibovici et Grégoire Normand http://owni.fr/?p=106250 OWNI, le président-candidat a confondu le chantier éolien en France et en Europe... Au classement OWNI-i>Télé de la crédibilité des six principaux candidats à la présidentielle, Nicolas Sarkozy tombe à la dernière place, à égalité avec Marine Le Pen.]]>

A défaut de se croiser, les courbes se sont égalisées dans le classement quotidien du Véritomètre, permettant de vérifier l’exactitude des déclarations chiffrées ou chiffrables des six principaux candidats à la présidentielle. Avec 44,4% de crédibilité, Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen ferment la marche de concert, tout près de François Bayrou (44,8%). Jean-Luc Mélenchon fait toujours la course en tête, son taux de crédibilité s’affichant à 62,7%.

Durant ces dernières 72 heures, l’équipe du Véritomètre a vérifié 46 citations chiffrées des candidats à l’élection présidentielle. Résumé des quelques faits qui ont retenu notre attention.

Nicolas Sarkozy ne manque pas d’air

32. C’est le nombre de “propositions pour une France forte” déclinées par Nicolas Sarkozy dans son programme. Parmi elles, une seule est en lien avec la protection de l’environnement : la [poursuite du] développement des énergies renouvelables”. Une situation sur laquelle le président-candidat a été interpellé lors d’une conférence de presse, le 5 avril dernier, par le journaliste de l’agence Reuters, Emmanuel Jarry :

Emmanuel Jarry : – Qu’en est-il du développement d’une énergie verte (…) ? Je n’en vois pas trace dans votre projet actuel (…).
Nicolas Sarkozy : – Vous dites qu’on a bien du mal à affecter le chantier éolien. Ah bon ? Le chantier éolien c’est 12 milliards d’euros.

Dans un article publié le même jour, le journal Le Figaro a compris par ces mots que Nicolas Sarkozy entendait parler de l’investissement éolien en France :

Nicolas Sarkozy a vanté son bilan en matière d’énergies renouvelables. Il a évoqué un “chantier éolien” à 12 milliards d’euros (…).

Comme n’importe qui aurait pu le comprendre. Sauf que le candidat UMP s’est plutôt attribué les investissements annuels du “chantier éolien”… de tous les pays de l’Union européenne.

Le ministère de l’Écologie et du Développement durable indique ainsi que le marché de l’éolien en Europe représente “12 milliards d’euros d’investissement par an, soit 1,2 million d’euros par MW installé”. Depuis, le chiffre a été révisé par l’European wind energy association à 13 milliards d’euros pour l’année 2010.

D’après la même European wind energy association, les capacités de production électrique du parc éolien français représentaient 5 970 mégawatts (MW) en décembre 2010. Si l’on s’en tient donc à l’estimation de “1,2 million d’euros [d’investissement] par MW installé” du ministère de l’Écologie, les investissements de la France dans l’éolien n’auraient de toute façon représenté que 7,164 milliards d’euros depuis la première éolienne – installée en juillet 1991 – jusqu’en 2010.

Très loin des “12 milliards d’euros” que Nicolas Sarkozy n’a eu aucun “mal à affecter” au “chantier éolien” français.

Eva Joly débranche trop vite

L’Allemagne laisse rêveurs la plupart des candidats à l’élection présidentielle. Et Eva Joly n’échappe à la règle. Dans l’émission Des paroles et des actes du mercredi 11 avril dernier, elle a ainsi vanté les mérites de la diminution de la consommation électrique outre-Rhin :

[Les Allemands] ont diminué leur consommation de 6%.

Trop beau pour être vrai. Le démenti provient du groupe de travail AG-Energiebilanzen, qui publie chaque année un tableau de bord sur les différents types de consommation énergétique en Allemagne. D’après sa dernière édition, la consommation brute d’électricité en Allemagne est passée de 610,4 TéraWatts-heure (TWh) en 2010 à 608,5 TWh en 2011. Soit une diminution de 0,3%.

Le modèle allemand n’apparaît donc pas si exemplaire pour sa quantité d’électricité consommée. Il en va autrement pour la nature de l’électricité produite en Allemagne en 2011 et qu’aurait pu évoquer la candidate écologiste. Car, comme le note l’Institut du développement durable et des relations internationales dans une étude parue le 5 mars dernier, le pays a produit davantage d’électricité de sources renouvelables (19,9% du total de l’électricité produite) que d’origine nucléaire (17,6%) en 2011.

François Bayrou reste en voiture

L’automobile sied décidément bien à François Bayrou, qui s’est une fois de plus exprimé à son sujet lors de l’émission Des paroles et des actes du jeudi 12 avril dernier. Habitué aux comparaisons internationales sur la production de véhicules, le candidat du Mouvement Démocrate (MoDem) s’est cette fois-ci replié en France :

90 000 voitures de fonction dans l’Etat.

Correct, si l’on se fie au Conseil de modernisation des politiques publiques. D’après un document d’orientation publié en juin 2010, l’Etat compte 72 000 véhicules auxquels il faut ajouter 17 000 véhicules des opérateurs de l’Etat, c’est-à-dire des établissements publics, des groupements d’intérêt public et des associations, entre autres.

Au total, donc, l’Etat compte 89 000 véhicules, 1,1% de moins que le chiffre évoqué par François Bayrou.


Les vérifications des interventions sont réalisées par l’équipe du Véritomètre : Sylvain Lapoix, Nicolas Patte, Pierre Leibovici, Grégoire Normand et Marie Coussin.
Retrouvez toutes nos vérifications sur le Véritomètre et nos articles et chroniques relatifs sur OWNI
Illustrations par l’équipe design d’Owni /-)

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Circulation à Paris : la neige a fondu, vous pouvez ranger votre bagnole http://owni.fr/2011/01/05/circulation-a-paris-la-neige-a-fondu-vous-pouvez-ranger-votre-bagnole/ http://owni.fr/2011/01/05/circulation-a-paris-la-neige-a-fondu-vous-pouvez-ranger-votre-bagnole/#comments Wed, 05 Jan 2011 17:28:06 +0000 Seb Musset http://owni.fr/?p=37482 Billet garanti 100% sans « épisode neigeux jouant les trouble-fête » ni « miracle de noël, de Bethléem à Cdiscount. »

Hashtable, (blogueur libéral mais de talent), stigmatise la dernière trouvaille de la Mairie de Paris en matière de régulation du trafic : la mise en quarantaine des 4X4 et des vieux véhicules diesel. Il affirme que c’est là une attaque socialiste supplémentaire faite aux pauvres, peu à peu chassés de la ville au profit du « bobo » CSP++ (célibattant et bisexuel, abonné de l’épicerie de la fibre et fan du thé aux figues, ayant négocié la garde des enfants un week-end sur trois).

Bon, zut, je suis en partie d’accord avec lui. A ceci près que…

1 / Du « pauvre » à 4X4 ou grosse voiture à Paris, moi je n’en connais pas. Il doit probablement faire allusion à  la « classe moyenne » QSP+ (qui se la pète +).

2 / Ces classes moyennes n’ont pas déserté Paris le flingue sur la tempe. Elle ont eu une grosse envie d’acheter plus grand et les banques leur ont permis. Cette fuite a  précédé l’arrivée des socialistes à l’Hotel de ville, et bien plus encore la hausse de l’immobilier de la capitale (elle a contribué à la renforcer). Depuis 15 ans et la montée des thématiques vertes, chacun veut consommer du « meilleur cadre de vie ». Manque de bol, chacun vénère aussi sa bagnole (vite, vite la prime à la casse se termine le 31 décembre) et son pavillon individuel (cool, cool, le PTZ+ commence le 1er janvier). Chacun s’éloigne ainsi toujours plus loin de son boulot et tant pis si, lors de ses deux heures de bouchon quotidien  (2 pour madame et 2 pour monsieur), il faut gueuler sur les autres « chacun » qui ont eu la même idée géniale.[1]

3 / Le concept de « bobo » est à peu près aussi fourre-tout que celui de « classe-moyenne », l’un et l’autre s’interpénétrant sauvage au niveau des valeurs. A Paris plus qu’ailleurs, le monde se divise en deux catégories : ceux qui ont de l’argent et ceux qui les subissent.

4 / Même si certains choix Delanoesques sont contestables, voire criminels (ex : la circulation à double sens pour les vélos), je doute que la droite dispose d’un meilleur plan.

5 / Si  l’engorgement de la banlieue parisienne est en partie expliqué ci-dessus (le gros du bordel aux abords de Paris provenant de ce nombre croissant de types proprios à Chartres alors qu’ils bossent à Marne-La-Vallée), l’habitué des déplacements dans Paris relativisera le problème.

Conséquence de son étroitesse et d’une voirie conçue avant l’invention du moteur à explosion [2] : A Paris, chaque moyen de transport, marche à pied[3] incluse, (hormis le métro dont la pénibilité se suffit à elle-même) devient l’ennemi de l’autre.

Le piéton[4] hurle sur la voiture qui peste sur le motard qui crache sur le camion klaxonnant sur le piéton.

Ajoutons à cela, quelques spécialités locales…

1 / La légendaire incivilité du parisien,  à base de « mais fais gaffe où tu fous tes pieds connasse ! », au moment où le type grille le feu rouge et manque d’écraser la mère de famille et ses deux enfants. Un classique.

2 / Cette sempiternelle camionnette, se garant en double file vers Barbés pour faire sa livraison, qui, au terme d’un effet papillon tout en hurlements[5] et entorses au code de la route[6], finira par provoquer un carambolage Porte d’Ivry.

3 / Un manque de courtoisie reconnaissable entre 1000 (conséquence de la promiscuité) que, contrairement à ce qu’imagine le fan-club d’Amélie Poulain, le reste du monde ne nous envie point.

4 / Des bancs de touristes s’échouant sur la chaussée, la tête dans le Lonely Planet, tandis que leurs autocars vides sillonnent les boulevards pour ne pas avoir à stationner (de toutes les façons de la place, y en a pas)

5 / La prolifération des chantiers pour l’amélioration de votre quotidien(et engraisser du prestataire privé) avec leurs abruptes obstructions du passage et leurs labyrinthes grillagés bordés de barrières grises et vertes au-delà desquelles on ne voit, qu’une fois le mois, un semblant d’activité.

6 / Une capitale prisonnière d’un absurde périphérique déjà dépassé le jour de son lancement (à 11.48, sur ce lien) [NDLR : conçu par la droite], le tout dans un pays hypercentralisé…

…et tu obtiens une belle mélasse continue de mauvaise humeur mécanique.

Le problème est simple, l’équation connue : plus tu laisses de place à la voiture plus elle occupe l’espace et, au final, tu iras aussi lentement qu’avant en polluant plus. Donc, vu le niveau d’habitants et le peu de surface disponible à Paris : gauche ou droite, décourageons l’automobiliste, pour l’orienter vers d’autres modes de transports (heu… performants et accessibles si possible) ou l’inciter au covoiturage. (La mesure en question, se basant uniquement sur le taux de Co2 émis, ne remet nullement en question l’usage de la voiture individuelle, encourageant même à en acheter une autre.)

Le nouveau vrai gros bazar du trafic intra-muros est le fruit de l’impossible cohabitation entre le camion poubelle, le vélib [7] du cono à l’heil-pod envoyant son texto tout en révisant son TD de russe tandis qu’une armada de scooters zigzague entre les 4X4 des bourgeoises[8] lexomylisées, pendues à leurs Blackbeurie en direction des Galfa pour s’offrir le nouveau Gavalda. Le tout parsemé de piétons déboulant au débotté parmi les voitures[9]. A noter les nouveaux périls 2010-2011 : le gamin en trottinette, les camions publicitaires (qu’on ne peut pas taguer parce qu’ils bougent) et les calèches pour russes friqués avec le sound-system qui crache « ceeeelavieennnnrooooose ».

Un début de solution serait, à mon humble avis, de répartir les moyens de locomotion sur des trajets spécifiquement réservés à chacun (zones pour camions, zones pour bus, zones pour piétons, zones pour voiture) et réapprendre à l’urbain, en plus du civisme, les vertus de la marche à pied.

Paris est, de par sa nature, une plaie pour la circulation et cela restera ainsi, à moins de tout raser et de reconstruire spécifiquement pour la voiture. (Au passage, on fera quelques logements sociaux hein Bertrand ?).

Principal grief à l’encontre de la municipalité parisienne (mais peut-on lui reprocher de défendre son image) : conforter l’idée que Paris doit rester la capitale économique ET culturelle ET touristique de La France, alors que ce pays regorge d’autres sites à visiter et de régions bien plus accueillantes pour entreprendre.

Tant que cette confusion des genres entre précieux village et capitale mondiale persiste, peu importe la couleur politique, aucune amélioration de trafic à espérer.

La jolie vidéo… où il est prouvé qu’il n’est pas si long qu’on le dit de traverser paname.

Cliquer ici pour voir la vidéo.

[1] C’est à son enthousiasme à endurer toutes les peines du monde afin d’assouvir des désirs dessinés par ceux qui les lui vend au prix fort que l’on reconnaît le véritable esclave. Maître et esclave s’entendent sur ce point : la non-remise en question de leur rapport et des valeurs (marchandes) l’encadrant. Tout ce qui en découle, l’égoïsme, la barbarie, l’injustice sont assimilés par chacun comme les composants indispensables de ce qui « fait société ». Parfois même, les uns et les autres appellent ça de “l’indépendance”.

[2] Pas de jaloux : la province a ses ronds-points à la con, crées en pleine connaissance de cause.

[3] Impossible à Paris : le parcours en ligne droite de plus de 5 mètres sans percuter, au choix, bite en fer, sanisette, colonne publicitaire, terrasse de café dégueulant sur la chaussée, file de cinéma pour le dernier Harry Le potier. Egalement impossible à Paris : un simple déplacement en fauteuil roulant.

[4] La chignole coûtant un bras et mon bref passage terrestre tendant à l’éradication à la source des facteurs de stress inutile, je me suis débarrassé de cette quintessence tôlée de la réussite sociale à contrat d’assistance renouvelable.

[5] Un après-midi à conduire dans Paris informera l’individu sur sa propension à la tolérance.

[6] Anecdote observée récemment résumant à elle seule, les flux parisiens :
Une voiture ne trouvant pas de place pour stationner s’arrête sur la voie de bus empêchant l’un d’eux de l’emprunter. Le bus se reporte alors sur la seule voie disponible sans se soucier du cycliste y circulant sans lumière ni gilet fluo. Ce dernier, déstabilisé, tombe de son engin et manque d’être happé sous la roue arrière de l’autocar sous les yeux vaguement concernés des passants. Il tambourine contre la carlingue mais rien y fait : le chauffeur de bus, stressé à l’idée que le feu vert passe à l’orange, continue sa route vers le Boulevard.
Le plus ironique dans l’histoire ? Ni les propriétaires de scooters, ni le chauffeur de la voiture stationnée, pas plus que le conducteur de bus n’aura conscience du mal qu’il a fait ni des conséquences de ses actes. Si on les avertit, chacun d’eux répondre probablement : « Ce n’est pas de ma faute, c’est l’autre ». Quant au cycliste, trois secondes après avoir échappé à la mort, il remontait en sens interdit une ruelle sans visibilité !

[7] Le vélo à Paris : moyen de transport de loin le plus rapide à Paris. Le cycliste parisien : indigence conspuée de tous, dispose la majeure partie du temps d’options aussi risquées les unes que les autres.

[8] Se méfier également de la cruche en Smart. Si la bourge en 4X4 se croit indestructible,  la cruche en Smart se croit invisible, ce qui revient à peu près au même lorsqu’elle percute ton môme à 60 km/h.

[9] soyons honnêtes : le piéton est obligé d’être malhonnête. S’il respecte la signalisation parisienne et les trajets prévus à son endroit, il mettra une demi-journée pour faire 300 mètres.

Billet publié à l’origine sur Les jours et l’ennui, le blog de Séb Musset, sous le titre Paris sans voitures ? Bah ouais.

Photo FlickR CC Yann Caradec ; Romain ; Jean-François Gornet ; MPD01605.

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Peak oil : la pénurie d’essence est déjà là… mais pas les politiques ! http://owni.fr/2010/11/23/peak-oil-la-penurie-dessence-est-deja-la-mais-pas-les-politiques-petrole-automobile-energie/ http://owni.fr/2010/11/23/peak-oil-la-penurie-dessence-est-deja-la-mais-pas-les-politiques-petrole-automobile-energie/#comments Tue, 23 Nov 2010 17:57:26 +0000 Hervé Kempf (Reporterre) http://owni.fr/?p=37253 La très forte augmentation du prix du pétrole fin 2008 et la récente grève des raffineries viennent de nous rappeler brutalement notre extrême dépendance au pétrole, et tout particulièrement aux carburants pétroliers.

Or la quantité de pétrole qui pourra être sortie du sous-sol de la planète va bientôt diminuer sans espoir de retour, et cela quels que soient les progrès technologiques et les investissements réalisés. C’est déjà le cas de la seule province pétrolière et gazière importante d’Europe, la Mer du Nord : sa production de pétrole, y compris les hydrocarbures liquides extraits de ses gisements de gaz naturel, a plafonné à environ 6 millions de barils par jour (300 millions de tonnes par an) de 1999 à 2001. Elle a maintenant diminué de 40%, malgré d’immenses progrès dans les techniques d’exploration, d’exploitation et de récupération. Car les véritables causes de ce déclin ne sont pas technico-économiques, mais géologiques : voilà en effet bien longtemps que l’on ne découvre plus assez de gisements en Mer du Nord pour remplacer les gisements qui sont en voie d’épuisement !

Pour les mêmes raisons, les productions de nombreux pays pétroliers sont déjà sur la pente descendante, et parfois depuis longtemps. C’est le cas des Etats-Unis, en son temps premier producteur mondial, dont la production a connu un maximum en 1971, puis diminué de presque moitié malgré les développements de l’Alaska et du Golfe du Mexique.

Des producteurs qui pourraient devenir avares…

La production mondiale elle-même chutera fortement dès que la production de l’Arabie Saoudite aura atteint son maximum possible ! Mais l’on observe déjà que depuis 2004, malgré la formidable augmentation des prix du pétrole qui aurait dû la stimuler, malgré également le renfort croissant des pétroles non-conventionnels (1) tels que les hydrocarbures liquides extraits du gaz naturel, les bitumes des sables bitumineux du Canada et les huiles extralourdes du Venezuela, et de celui des « pétroles artificiels » que sont les biocarburants (biomass-to-liquids, BTL) et les carburants fabriqués à partir du gaz (gas-to-liquids, GTL) ou du charbon (coal-to-liquids, CTL), la production mondiale de pétrole fluctue autour de 85 millions de barils par jour (4,25 milliards de tonnes par an) toutes catégories confondues ! La population mondiale ayant continué d’augmenter, la quantité de pétrole disponible par habitant de la planète a en fait déjà commencé à décliner !

Plus inquiétant encore, les quantités disponibles sur le marché international pour les grands pays consommateurs sans ressources pétrolières notables que sont la France et la très grande majorité des pays européens vont décroître plus vite que la production mondiale, du fait de la concurrence effrénée des grands pays émergents et de l’utilisation croissante par les grands pays producteurs de leur pétrole pour leur propre développement. Ces pays producteurs voudront aussi de plus en plus garder du pétrole en terre en prévision de l’avenir. Les quantités disponibles sur le marché pourraient ainsi diminuer d’un tiers au cours des quinze à vingt ans à venir (2), avec pour conséquence une envolée des prix !

Il est donc d’un intérêt stratégique pour la France et plus généralement pour les pays européens, de diminuer très rapidement leur consommation pétrolière, tout particulièrement dans le domaine des transports. En effet 70 % des produits pétroliers issus des raffineries sont en Europe des carburants, et les transports en dépendent à 98 % !

Les propositions pour cela sont légion : carburants d’origine non pétrolière, biocarburants (BTL), carburants produits à partir du gaz naturel (GTL), du charbon (CTL) ou des schistes bitumineux (STL) – voitures électriques ou hybrides rechargeables – voitures utilisant l’hydrogène comme carburant – transports en commun et ferroutage, etc.

L’indispensable ralentissement de la consommation pétrolière

Mais les méthodes proposées seront très coûteuses et surtout, le temps nécessaire à leur mise en place à une échelle significative sera trop important face à la rapidité du déclin annoncé des quantités de pétrole disponibles sur le marché international. Même avec un programme d’urgence (« crash program », comme disent les Américains (3)) on n’y arrivera pas. D’autant plus qu’il faut écarter résolument les méthodes qui amplifieraient la consommation des combustibles fossiles autres que le pétrole, telles qu’en particulier la fabrication à partir de ceux-ci de GTL, de CTL, de STL et d’hydrogène-carburant. En effet non seulement les émissions de gaz à effet de serre et leurs menaces sur le climat en seraient accrues, mais aussi la raréfaction de ces combustibles fossiles4 en serait accélérée.

Or il est possible de faire baisser considérablement et rapidement la consommation de carburants pétroliers des véhicules à moteur thermique par des moyens déjà à notre disposition. Cela peut se faire :

  1. par un « effort citoyen » : diminuer sa vitesse moyenne de 10 % sur ses trajets habituels, pratiquer l’éco conduite, et n’utiliser la climatisation que lorsqu’elle est vraiment nécessaire permettent de diminuer d’environ 30 % la consommation d’un véhicule. Une diminution de 5 à 10 % est encore possible en réduisant l’usage de la voiture. Ce ne sont que des efforts sur nous-mêmes, sans investissement ni technologie nouvelle. Et chacun gagnerait, en particulier financièrement, à ce que cet effort soit effectivement citoyen plutôt qu’imposé par des augmentations astronomiques de prix des carburants provoquées par une pénurie, ou par des limitations autoritaires de vitesse.
  2. par une amplification de l’effort technologique en cours : allègement des véhicules, arrêt du moteur lors des attentes (stop-start), améliorations de rendement des moteurs (downsizing, combustion homogène…) permettent déjà de diminuer de 20 % environ la consommation moyenne des véhicules ainsi conçus.
  3. par le renforcement des politiques de bonus/malus en faveur des véhicules économes.

Cela devrait permettre d’abaisser la consommation de carburants pétroliers en Europe dans des proportions suffisantes pour faire face au déclin annoncé de leur disponibilité sur le marché international au cours des vingt ans à venir. Cela donnerait aussi le temps qui autrement manquerait cruellement à l’aboutissement d’actions à plus long terme, en particulier le plein développement d’un transport électrique (véhicules légers et transports en commun) utilisant une électricité décarbonée, et une politique de la ville et des déplacements vigoureusement orientée vers un usage plus limité des transports.
Un tel activisme citoyen et une telle politique iraient dans le sens d’un renforcement économique de l’Europe et de la politique européenne de réduction des gaz à effet de serre.

Prenons garde : les envolées de prix du pétrole ont été suivies de récessions sévères dans les grands pays industrialisés, dès que la facture pétrolière a dépassé 4 ou 5 % du PIB (5) ! Trop d’attentisme dans ce domaine risque d’empêcher pour longtemps la croissance matérielle en Europe.

………………………………………………………

Notes :
(1) On classe dans les pétroles non-conventionnels :1- les hydrocarbures liquides qui sont dissous dans les gisements de gaz naturel. Ils représentent actuellement 10 % de la production pétrolière mondiale. 2-Les pétroles dits extralourds, de très forte viscosité, le plus souvent parce que les gisements les contenant ont été portés par le jeu des mouvements tectoniques et de l’érosion à proximité de la surface, et que le pétrole qu’ils contenaient a alors été fortement altérés par l’oxygène dissous dans les eaux de surface et par des bactéries. Ils sont beaucoup plus dif ficiles à extraire que les pétroles conventionnels qui sont beaucoup moins visqueux. Leur production représente actuellement 3 % de la production mondiale. La production des pétroles artificiels représente actuellement 2 % de l’ensemble précédent.
(2) Voir par exemple Brown et al. 2010 sur le site http://www.aspousa.org
(3) Voir Hirsch 2010 sur le site http://www.aspousa.org
(4) A partir des prévisions d’évolution de la consommation mondiale sur les bases actuelles, on estime que la production de gaz naturel devrait commencer à décliner d’ici vingt ans, et celle de charbon d’ici quarante ans. La fabrication à partir d’eux de carburants ou d’hydrogène pour faire rouler les voitures réduirait très sensiblement ces délais.
(5) Voir par exemple Skrebowski 2010 sur le site http://www.aspousa.org

Article publié initialement sur Reporterre, le blog d’Hervé Kempf sous le titre L’Europe doit se préparer au choc pétrolier.

Photos FlickR CC Reto Feltz ; Ville Miettinen ; the waving cat.

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Vertes promesses en panne sèche au Mondial de l’Automobile http://owni.fr/2010/11/06/vertes-promesses-en-panne-seche-au-mondial-de-lautomobile-voiture-electrique-ecologie/ http://owni.fr/2010/11/06/vertes-promesses-en-panne-seche-au-mondial-de-lautomobile-voiture-electrique-ecologie/#comments Sat, 06 Nov 2010 16:03:55 +0000 Ludovic Bu http://owni.fr/?p=34839 Le Mondial de l’Auto, c’est un peu comme une campagne électorale : beaucoup de promesses et de rares véritables surprises. Un peu comme les candidats aux élections nous promettent tous le changement (mais lequel ?), les constructeurs automobiles nous invitent tous à découvrir le monde de demain et le futur. Autre leitmotiv très partagé: nous « laisser surprendre ». Mais une fois les portes franchies, c’est la déconvenue. Il n’y a rien de neuf, ou quasiment. Presque que des voitures à quatre roues, avec quatre ou cinq places et un coffre. Ce que l’on voit dans les rues de nos villes depuis des décennies…

Qu’y a-t-il de surprenant, alors ? Si l’on en croit l’immense et incroyable couverture médiatique, il faut venir au mondial pour découvrir les voitures électriques, qui changeront le monde, créeront le futur et régleront les problèmes climatiques. Libération titrait par exemple « Le futur est de retour ». De leur côté, Les Echos, dans un spécial Mondial de l’automobile, s’enthousiasmaient « L’automobile passe au vert », sans aucun sens critique. Deux exemples parmi des centaines. Même les magazines féminins titraient tous sur ce qui n’est finalement qu’une immense foire commerciale…

De vieux modèles électrique sans charme et une star sans prise compatible !

Hypnotisé, nous filons donc droit vers les halls 2.1 et 2.2, qui abritent les nouvelles mobilités et autres véhicules électriques. Eh bien, autant le dire directement : au Mondial de l’Auto, les nouvelles mobilités et la voiture électrique, c’est du vent ! Les allées des halls sont désertes, les exposants confient s’ennuyer ferme. Il y a essentiellement des véhicules utilitaires, proposés par des petits constructeurs indépendants. La plupart sont sur le marché depuis longtemps… Des minis-voitures sont aussi proposées. Mais il n’y a personne pour les regarder. Il faut dire qu’elles sont rarement très jolies. Le design a son importance pour faire adopter de nouveaux objets !

Fleuron luxueux des voitures électriques, les roadsters de Tesla s'apprêtent à arriver en Europe... sans prise de chargement rapide !

En fait, d’un stand à l’autre, on retrouve surtout la Tesla, petit bolide sexy, qui sert à attirer le chaland, pour pouvoir lui expliquer les techniques de rechargement. Qui, soit dit en passant, ne sont pas encore normées, ce qui donnera une situation ubuesque en 2011 : au moment de la commercialisation de milliers de véhicules électriques, il n’existera pas de moyen de faire des recharges rapides, par manque de standard des prises !

Dans le pavillon des nouvelles mobilités, seuls les stands proposant des cadeaux connaissent un semblant d’affluence. Celui de TF1 est transformé en foire à tout par un animateur qui interpelle les passants comme les camelots du Printemps le font pour vendre des cravates. A celui de la Macif, on peut gagner des vélos (si !). Chez RTL, on fait en direct une émission sur le foot… Quel intérêt d’être là plutôt qu’ailleurs ? « Ça permet d’être au cœur de l’événement », nous confiera un journaliste souhaitant rester anonyme. Au cœur des matchs de foot ?!

Couleurs écologiques rayonnantes… mais bilan carbone catastrophique !

En fait, nous nous étions énervé pour rien. Les vraies voitures électriques, celles censées préfigurer le futur, sont rangées dans le hall 1, le plus grand, au milieu des Rolls, Ferrari et autres Mercedes. Chez les constructeurs grand public, DeZir, le concept car de Renault, lancé à coup de multiples interventions de son PDG Carlos Ghosn transformé en VRP de luxe, est le seul véritable intérêt des visiteurs. FantaSme eu été un nom plus approprié, vu que la voiture aux lignes épurées ne sera jamais commercialisée… « Ah mais, ajoute un fin connaisseur du dossier face à ma moue dubitative sur l’intérêt de la chose, le pare-choc sera repris sur un modèle en série ! » (sic)… Seul Twizzy, du même Renault, sort du lot : un petit véhicule rigolo, à deux places, alignées, qui est clairement destiné à la ville. Sortie annoncée en 2011. Souhaitons-lui de voir celle-ci moins repoussée que celle du modèle de Luménéo, son cousin, maintes fois remise à plus tard.

Luménéo, mini-voiture électrique, avait vu sa sortie reportée sine die. Un sort réservé à de nombreux « modèles novateurs » de l'automobile électrique.

L’environnement est au centre de tous les discours et des présentations. Tous les stands sont déguisés en repères d’écolos. Le bleu de l’air pur, le vert des arbres, le blanc dominent. Les panneaux « zéro CO2 » sont partout. Les slogans se font accrocheurs : « Drive@earth », « Changeons de vie, changeons l’automobile », « Toutes nos couleurs sont vertes ». Pourtant, sous ces beaux mots d’ordres, les modèles classés F ou G, les plus polluants, sont encore légion… et mis en avant sur les stands !

La vraie révolution est ailleurs : les gros se lancent sur le marché des mobilités alternatives. BNP occupe tout un coin du parc des expositions pour nous initier à l’éco-conduite. Arval propose un service d’autopartage pour optimiser les coûts des flottes d’entreprises. Signe que le temps des pionniers, qu’on prenait pour des fous, est terminé. Il y a 13 ans, lorsque nous avons lancé Voiture & co sur ces créneaux, tout le monde nous traitait d’utopistes, un terme qu’ont beaucoup entendu les créateurs de Caisse Commune (depuis rachetée par Transdev), Auto’trement (dont CTS et Parcus sont actionnaires) ou covoiturage.com !

Enfin, petit et véritable plaisir, non simulé, de notre part : une course de kart électrique offerte par EDF. L’entreprise, en pointe du lobbying pour le développement du moteur à watts, avait convié une dizaine de bloggeurs à venir tester, sur circuit, ces petits bolides. Grâce à son invitation, elle m’a convaincu qu’il est plus que temps de redonner leur véritable place aux véhicules surmotorisés vendus au mondial de l’auto. Celle d’un outil de plaisir et de frisson : sur un circuit, ou l’on pourra rouler à toute berzingue sans mettre quiconque en danger, se faire un peu peur en prenant des virages trop serrés, suer à grosse goutte en imaginant être des matadors de la route.

Pour le reste, nous attendons toujours que le Mondial de l’auto nous montre la vraie voiture du futur : un véhicule urbain, ne dépassant pas les 30 kilomètres heures, et uniquement équipé d’une place ou deux (ce qui correspond à la réalité de plus de 95% des usages actuels !) et équipé pour être mis en libre service un peu partout dans nos villes. Ce ne semble pas être pour demain…

Article publié originellement sur le site de Ludovic Bu sous le titre Le mondial de l’auto : beaucoup de promesses et de rares véritables surprises


Photo FlickR CC phalenebdlv ; Tristan Nitot ; BrisChri.

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http://owni.fr/2010/11/06/vertes-promesses-en-panne-seche-au-mondial-de-lautomobile-voiture-electrique-ecologie/feed/ 7
Vertes promesses en panne sèche au Mondial de l’Automobile http://owni.fr/2010/11/03/vertes-promesses-en-panne-seche-au-mondial-de-lautomobile-voiture-ecologie-electrique-tesla-renault/ http://owni.fr/2010/11/03/vertes-promesses-en-panne-seche-au-mondial-de-lautomobile-voiture-ecologie-electrique-tesla-renault/#comments Wed, 03 Nov 2010 09:09:07 +0000 Ludovic Bu http://owni.fr/?p=37085 Le mondial de l’auto, c’est un peu comme une campagne électorale : beaucoup de promesses et de rares véritables surprises. Un peu comme les candidats aux élections nous promettent tous le changement (mais lequel ?), les constructeurs automobiles nous invitent tous à découvrir le monde de demain et le futur. Autre leitmotiv très partagé: nous « laisser surprendre ». Mais une fois les portes franchies, c’est la déconvenue. Il n’y a rien de neuf, ou quasiment. Presque que des voitures à quatre roues, avec quatre ou cinq places et un coffre. Ce que l’on voit dans les rues de nos villes depuis des décennies…

Qu’y a-t-il de surprenant, alors ? Si l’on en croit l’immense et incroyable couverture médiatique, il faut venir au mondial pour découvrir les voitures électriques, qui changeront le monde, créeront le futur et régleront les problèmes climatiques. Libération titrait par exemple « Le futur est de retour ». De leur côté, Les Echos, dans un spécial Mondial de l’automobile, s’enthousiasmaient « L’automobile passe au vert », sans aucun sens critique. Deux exemples parmi des centaines. Même les magazines féminins titraient tous sur ce qui n’est finalement qu’une immense foire commerciale…

De vieux modèles électrique sans charme et une star sans prise compatible !

Hypnotisé, nous filons donc droit vers les halls 2.1 et 2.2, qui abritent les nouvelles mobilités et autres véhicules électriques. Eh bien, autant le dire directement : au Mondial de l’Auto, les nouvelles mobilités et la voiture électrique, c’est du vent ! Les allées des halls sont désertes, les exposants confient s’ennuyer ferme. Il y a essentiellement des véhicules utilitaires, proposés par des petits constructeurs indépendants. La plupart sont sur le marché depuis longtemps… Des minis-voitures sont aussi proposées. Mais il n’y a personne pour les regarder. Il faut dire qu’elles sont rarement très jolies. Le design a son importance pour faire adopter de nouveaux objets !

Fleuron luxueux des voitures électriques, les roadsters de Tesla s'apprêtent à arriver en Europe... sans prise de chargement rapide !

En fait, d’un stand à l’autre, on retrouve surtout la Tesla, petit bolide sexy, qui sert à attirer le chaland, pour pouvoir lui expliquer les techniques de rechargement. Qui, soit dit en passant, ne sont pas encore normées, ce qui donnera une situation ubuesque en 2011 : au moment de la commercialisation de milliers de véhicules électriques, il n’existera pas de moyen de faire des recharges rapides, par manque de standard des prises !

Dans le pavillon des nouvelles mobiltés, seuls les stands proposant des cadeaux connaissent un semblant d’affluence. Celui de TF1 est transformé en foire à tout par un animateur qui interpelle les passants comme les camelots du Printemps le font pour vendre des cravates. A celui de la Macif, on peut gagner des vélos (si !). Chez RTL, on fait en direct une émission sur le foot… Quel intérêt d’être là plutôt qu’ailleurs ? « Ca permet d’être au coeur de l’événement », nous confiera un journaliste souhaitant rester anonyme. Au coeur des matchs de foot ?!

Couleurs écologiques rayonnantes… mais bilan carbone catastrophique !

En fait, nous nous étions énervé pour rien. Les vraies voitures électriques, celles censées préfigurer le futur, sont rangées dans le hall 1, le plus grand, au milieu des Rolls, Ferrari et autres Mercedes. Chez les constructeurs grand public, DeZir, le concept car de Renault, lancé à coup de multiples interventions de son PDG Carlos Ghosn transformé en VRP de luxe, est le seul véritable intérêt des visiteurs. FantaSme eu été un nom plus approprié, vu que la voiture aux lignes épurées ne sera jamais commercialisée… « Ah mais, ajoute un fin connaisseur du dossier face à ma moue dubitative sur l’intérêt de la chose, le pare-choc sera repris sur un modèle en série ! » (sic)… Seul Twizzy, du même Renault, sort du lot : un petit véhicule rigolo, à deux places, alignées, qui est clairement destiné à la ville. Sortie annoncée en 2011. Souhaitons-lui de voir celle-ci moins repoussée que celle du modèle de Luménéo, son cousin, maintes fois remise à plus tard.

Luménéo, dernière mini-voiture électrique de Renault, avait vu sa sortie reportée sine die. Un sort réservé à de nombreux « modèles novateurs » de l'automobile électrique.

L’environnement est au centre de tous les discours et des présentations. Tous les stands sont déguisés en repères d’écolos. Le bleu de l’air pur, le vert des arbres, le blanc dominent. Les panneaux « zéro CO2 » sont partout. Les slogans se font accrocheurs : « Drive@earth », « Changeons de vie, changeons l’automobile », « Toutes nos couleurs sont vertes ». Pourtant, sous ces beaux mots d’ordres, les modèles classés F ou G, les plus polluants, sont encore légion… et mis en avant sur les stands !

La vraie révolution est ailleurs : les gros se lancent sur le marché des mobilités alternatives. BNP occupe tout un coin du parc des expositions pour nous initier à l’éco-conduite. Arval propose un service d’autopartage pour optimiser les coûts des flottes d’entreprises. Signe que le temps des pionniers, qu’on prenait pour des fous, est terminé. Il y a 13 ans, lorsque nous avons lancé Voiture & co sur ces créneaux, tout le monde nous traitait d’utopistes, un terme qu’ont beaucoup entendu les créateurs de Caisse Commune (depuis rachetée par Transdev), Auto’trement (dont CTS et Parcus sont actionnaires) ou covoiturage.com !

Enfin, petit et véritable plaisir, non simulé, de notre part : une course de kart électrique offerte par EDF. L’entreprise, en pointe du lobbying pour le développement du moteur à watts, avait convié une dizaine de bloggeurs à venir tester, sur circuit, ces petits bolides. Grâce à son invitation, elle m’a convaincu qu’il est plus que temps de redonner leur véritable place aux véhicules surmotorisés vendus au mondial de l’auto. Celle d’un outil de plaisir et de frisson : sur un circuit, ou l’on pourra rouler à toute berzingue sans mettre quiconque en danger, se faire un peu peur en prenant des virages trop serrés, suer à grosse goutte en imaginant être des matadors de la route.

Pour le reste, nous attendons toujours que le Mondial de l’auto nous montre la vraie voiture du futur : un véhicule urbain, ne dépassant pas les 30 kilomètres heures, et uniquement équipé d’une place ou deux (ce qui correspond à la réalité de plus de 95% des usages actuels !) et équipé pour être mis en libre service un peu partout dans nos villes. Ce ne semble pas être pour demain…

Article publié originellement sur le site de Ludovic Bu sous le titre Le mondial de l’auto : beaucoup de promesses et de rares véritables surprises


Photo FlickR CC phalenebdlv ; Tristan Nitot ; BrisChri.

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