OWNI http://owni.fr News, Augmented Tue, 17 Sep 2013 12:04:49 +0000 http://wordpress.org/?v=2.9.2 fr hourly 1 Influence Networks: mode d’emploi http://owni.fr/2011/04/11/influence-networks-mode-emploi/ http://owni.fr/2011/04/11/influence-networks-mode-emploi/#comments Mon, 11 Apr 2011 15:29:53 +0000 Nicolas Kayser-Bril http://owni.fr/?p=56180 En octobre 2010, lors du Personal Democracy Forum de Barcelone, plusieurs journalistes d’investigation ont expliqué comment ils avaient débusqué des affaires de corruption en procédant à l’analyse de réseaux. L’un d’entre eux, Dejan Milovac, a enquêté sur un projet immobilier situé sur la côte du Monténégro. Il a décortiqué les réseaux financiers autour du projet et montré comment des politiciens locaux étaient de mèche avec les promoteurs qui saccagent le littoral. Le résultat se visualise ainsi :

Le schéma pourrait gagner en lisibilité. Par ailleurs, les relations exposées par cette enquête peuvent être utiles à d’autres journalistes travaillant sur des thèmes connexes. En l’état, difficile de réutiliser le travail de Milovac.

L’analyse de réseaux est un thème en vogue chez les médias et les ONG. Channel 4 entretien Who Knows Who, une base de relations entre personnalités britanniques. A Hong Kong, le South China Morning Post a lancé Who Runs HK ?, qui fonctionne de la même manière. Ces interfaces, bien que gérées par des journalistes, restent fermées et incompatibles avec les standards ouverts.

Du côté des geeks, le projet Little Sis est, lui, collaboratif et ouvert, avec son API. Il recense 57 000 personnes et près de 300 000 connexions. Seul problème : l’information présentée n’est pas validée et seul un système d’alerte (flag) permet de lutter contre la désinformation. Compte-tenu de la sensibilité d’un tel projet, les lobbys de tous poils auront tôt fait de manipuler le système.

Comment ça marche ?

Il manquait donc un outil d’analyse de réseaux d’influence à l’usage des journalistes qui soit à la fois ouvert et fiable. Influence Networks cherche à répondre à ce problème. La plateforme permet à quiconque d’insérer une relation dans la base de données (onglet add a relation). L’information insérée reçoit le statut de “rumeur” tant que personne n’a vérifié sa fiabilité.

L’onglet review a relation permet de vérifier la crédibilité des relations ajoutées par les autres utilisateurs. La relation est alors notée sur une échelle allant de rumeur à fait établi. La note reçue par la relation dépend également de l’indice de confiance (trust level) de l’utilisateur qui la vérifie.

Prenons un exemple. Mathias s’inscrit sur la plateforme. Il commence avec un trust level de 1 sur une échelle de 5. Il insère une relation sourcée, qui est ensuite validée comme un fait établi par un utilisateur possédant un trust level de 5. La relation obtient alors le statut de fait établi et le trust level de Mathias augmente de 0.5.

Mathias ajoute ensuite une autre relation sourcée, validée cette fois en tant que “fait établi” ci par Georges, qui a, lui, un trust level de 1. Cette fois-ci, puisque l’on ne sait pas quelle confiance accorder à Georges, la relation obtient un statut légèrement supérieur à celui de rumeur.

Aujourd’hui, alors que le projet vient d’être lancé, la base ne compte encore que peu de relations. Nous ajouterons dans les mois qui viennent une fonctionnalité d’ajout de relations en masse (une feuille de présence à un meeting, par exemple). Par ailleurs, les entités (personnes et organisations) que l’on peut mettre en relation sont celles offertes par freebase, une sorte de Wikipédia structuré dans un format compréhensible par l’ordinateur. Dès lors, si l’entité recherchée n’est pas disponible, il faut aller l’ajouter manuellement dans freebase [inscription nécessaire]. Là encore, nous allons ajouter une fonctionnalité permettant d’effectuer cette tâche au sein d’Influence Networks.

Investigation collaborative

L’objectif d’Influence Networks est, à terme, qu’un journaliste ou un groupe de citoyens engagés puissent définir un sujet d’enquête (les liens entre l’actionnaire majoritaire d’un groupe de cosmétiques et le gouvernement, par exemple) et collecter des informations de manière collaborative, sans passer un temps considérable à valider et vérifier les éléments reçus.

Les éléments collectés étant recueillis dans un format compréhensible par l’ordinateur et structuré de manière sémantique, les données peuvent être croisées et parler d’elles-mêmes. Une recherche entre les entités L’Oréal et gouvernement français, par exemple, aurait pu montrer directement les possibles conflits d’intérêts d’Eric Woerth en montrant qu’il était lié à la multinationale via sa femme.

L’outil n’est, bien sûr, pas adapté à de l’investigation réalisée à partir de documents confidentiels, mais il permet de structurer et de réorganiser l’information déjà publique. Et l’analyse d’origine source ouverte (OSINT) reste l’un des domaines les plus dynamiques du renseignement – et, partant, du journalisme d’investigation.

Open-source et international

Influence Networks est le fruit d’une collaboration entre OWNI, Transparency International, Zeit Online et l’Obsweb de l’université de Metz. Ce groupe a porté le projet et l’a présenté à deux concours de journalisme innovant. Nous n’avons pas été sélectionnés en finale du Knight News Challenge, mais sommes arrivés parmi les 75 premiers (sur plus de 1 500 candidats).

Nous faisons en revanche partie des 10 finalistes de l’Uutisraivaaja Challenge, concours similaire organisé par les finlandais de la Sanomat Foundation. La dotation de 10 000€ reçue nous permettra de rajouter plusieurs fonctionnalités et de continuer à rechercher des moyens de développer le projet.

Par ailleurs, le code de l’application est ouvert avec la licence MIT. N’hésitez pas à aller le décortiquer chez GitHub et à contribuer au développement de nouvelles fonctionnalités !

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Crowdsourçons le renouveau du journalisme http://owni.fr/2010/10/09/crowdsourcons-le-renouveau-du-journalisme/ http://owni.fr/2010/10/09/crowdsourcons-le-renouveau-du-journalisme/#comments Sat, 09 Oct 2010 15:52:52 +0000 Nicolas Kayser-Bril http://owni.fr/?p=30910 L’automne, c’est les jours raccourcis, la rentrée, les premiers rhumes… Mais c’est surtout l’ouverture du Knight News Challenge! Cette année, OWNI crowdsource les idées, afin de maximiser nos chances de l’emporter.

Comme tous les ans depuis 2006, la fondation Knight met en jeu plusieurs millions de dollars pour financer des projets de journalisme innovant. Parmi les précédents lauréats, on trouve des projets tels qu’Ushahidi, Spot.us ou Everyblock.

Cette année, le News Challenge s’est trouvé un cousin en Finlande, Uutisraivaaja. Ce concours, au nom difficilement prononçable mais doté de 250 000€, est financé par la fondation Helsingin Sanomat, dont l’objectif est de soutenir la recherche scientifique.

Ces deux concours mettent en avant l’imagination et la créativité. Aucune contrainte n’est imposée, sinon de proposer des projets journalistiques innovants et inattendus (et, pour Uutisraivaaja, que le projet débute en Finlande). La fondation Knight a le nez creux pour repérer les projets innovants. Elle a par exemple financé le datajournalisme dès 2007 avec Everyblock et l’info sur téléphone portable dans les pays en développement en 2008 avec Freedom Fone.

Les fondations ne financent pas des entrepreneurs ; elles contribuent au renouveau du journalisme. Ce cahier des charges suppose que les projets soient réutilisables par d’autres médias, si bien qu’elles exigent des participants que tout leur travail soit en creative commons et que le code en soit libre.

Cette année, la Knight recherche des projets dans trois domaines précis : Mobile, développement des flux de revenus et crédibilité. Le mobile puisqu’il constitue un canal de diffusion en forte croissance, les flux de revenus on s’en doute, et la crédibilité pour aider les journalistes à trier le vrai du faux à l’heure ou les rumeurs peuvent enfler en quelques heures grâce à la caisse de résonnance mondiale que sont les réseaux sociaux.

Plus on est de fous

Cette année, plutôt que de réfléchir aux projets dans notre soucoupe d’ivoire, nous vous demandons votre avis et vos conseils. Nous organisons ici un brainstorming collectif pour réfléchir ensemble aux projets que nous présenterons.

Nous proposons à tous ceux qui ont des idées mais pas le temps de les mener à bien ou les compétences en anglais nécessaires de les porter avec nous. Le but n’est pas de s’approprier les idées de la communauté. Au contraire, en les poursuivant ensemble, nous augmentons nos chances de succès dans un concours où jamais un projet français n’a été récompensé.

Publiez vos idées ou vos intutitions dans les commentaires ou sur Twitter @owni. Que vous vouliez mettre en place un système de distribution d’infos sur téléphone portable en Laponie ou que vous imaginiez vendre de l’info couplée à une production artisanale en Picardie, discutons-en ici!

Ce billet sera mis à jour avec nos idées tout au long de la semaine

Nanonews, proposé par CS: Blague ou pas, l’augmentation de la granularité de l’info à son maximum reste une piste à suivre. Itunes a fait exploser les albums en morceaux uniques. Peut-on imaginer dissocier demain les films, les reportages, les articles?

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